mardi 8 juin 2010

La distillerie du cochon de la femme de Ménélas* : Port Ellen

 
En Ecosse, l’île d’Islay, réputée pour ses whiskies tourbés, compte 8 distilleries actives : Ardbeg, Bowmore, Bruichladdich, Bunnahabhain, Caol Ila, Kilchoman, Lagavulin et Laphroaig ; et une distillerie fermée depuis 1983 : Port Ellen. Créée en 1825, la distillerie fut la première a exporter son single malt aux Etats-Unis. Fermée de 1929 à 1966, elle doubla sa capacité de production en 1967 avec ses 4 alambics (2 wash et 2 spirit). Une malterie, destinée à alimenter les distilleries de l’île ainsi que celle de Jura, fut construite en 1973 à côté de la distillerie. S'il arrive que certaines distilleries demeurent en sommeil avec l’espoir de reprendre un jour leur activité, ce n’est pas le cas de Port Ellen pour laquelle le processus de démolition a été enclenché en 2004 avec la destruction d’un de ses trois toits en forme de pagode.

De par le fait que les plus jeunes Port Ellen embouteillés aujourd’hui ont au minimum 27 ans d’âge et en raison du profil général de son single malt, Port Ellen se distingue par des whiskies très fins et très complexes. Depuis ces dernières années, les embouteilleurs indépendants nous ont gratifiés d’une belle flopée de Port Ellen, tel que Signatory Vintage en 2007 avec cette mise en bouteille spéciale pour La Maison Du Whisky.


Port Ellen 25yo (1982/2007) cask 1203
Signatory Vintage for LMDW (55.7%)



Il y a de ces drams magiques pour lesquels, dès le premier nez, les images affluent…

" Un chien foule la roche sur une plage d’Islay parsemée de coquillages. Les cendres du volcan islandais ont recouvert toute l’île. A ces relents marins s’adjoint la fragrance douce et sucrée des citrons et des pommes qui emplissent les étals sur le marché du vieux port. La première vague est riche, sucrée et s’échoue sur la fumée grasse d’un cigare. Les senteurs fruitées s’intensifient bien que l’on perçoive les campagnes d’Islay toutes proches. Le fond de l’air est frais et une fumée discrète imprègne les lieux. La deuxième vague est toujours aussi douce, alliant la saveur des poires au beurre cuisinées dans la chaumière d’en face avec la minéralité de la cendre qui tombe toujours sur l’île. Lorsque les nuages se dissipent, les premiers rayons de soleil viennent frapper la plage exaltant une odeur de sable chaud. Tous mes sens sont en émoi, pour sûr, un grand moment… "

J’ai pourtant longtemps gardé un avis mitigé sur cette bouteille. Mais cette fois-ci, ce whisky a réussi à me faire voyager. Ne vous arrêtez jamais à votre première impression. Cent fois sur le métier, remettez votre ouvrage ! ;o)

-Pierrot

* Copyright WhiskyWalker.

2 commentaires:

  1. Voila qu'il se met à la poésie maintenant! Les 55,7° auraient-ils fait leur effet? ;)

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  2. C'est plutôt la demi-bouteille vidée... ;)
    C'est vrai que j'ai eu de l'inspiration et que j'ai un peu travaillé mon texte. Un cochon distingué que je deviendrais ? NON ! :o))

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