Le premier constat est que la démarche est fort instructive ! Il est vraiment bluffant de constater qu’en dehors de puissances aromatiques variables, puissances qui ne suivent d’ailleurs pas nécessairement le niveau d’IBU, on retrouve des différences qui évoqueraient plutôt un changement de levure (esters fruités rappelant certaines levures belges ou allemandes) et même un changement de maltage (notes caramélisées plus prononcées, textures et corps différents). Tout ceci alors qu’il n’en est rien, cela viendrait juste du houblon utilisé… là je dis : INCROYABLE !!!
Le deuxième constat, qui dérange un peu, est que qualitativement parlant, notre cher ami Mikkel semble, à mon sens, s’être relativement planté. :( Non pas que ces nouvelles bières ne soient pas bonnes mais très honnêtement, c’est un fait indéniable, sa première série comprenait de véritables tueries telles que les versions Nelson Sauvin, Simcoe et Columbus que je connais bien, alors que celle-ci nous apporte des IPA beaucoup plus discrètes sans être nécessairement plus subtiles. En bouche, cela manque souvent de précision et d’expressivité. Toutefois, quelques unes d’entre-elles sortent du lot comme :
Centennial : très résineuse (sève de pin/écorce d’arbre), un rien mentholée. La plus longue en bouche et d’une remarquable expressivité. Celle qui m’a paru la plus amère malgré ses 66 IBU.
Sorachi Ace : la plus originale, assez semblable à la version de Brewdog avec des agrumes (mandarine), un côté lacté (lait de coco) et floral (bois de santal/eau de rose). 103 IBU.
Citra : très subtile, presque un peu trop discrète avec un magnifique fruité exotique, bel équilibre et bonne amertume. 88 IBU.
Le nez, d’une extrême douceur, démarre sur un somptueux mélange entre des notes de vanille, du chocolat et des fruits confits. La bouche possède une texture remarquable, très chocolatée, sur les fruits confits et le bois fumé. En milieu de bouche arrivent des notes piquantes de poivrons rouges fumés. La bière persiste, délivrant en finale des notes torréfiées (café/chocolat) alliées au piquant des piments. Vraiment du grand art ! Une puissance inouïe pour ses 6,6%, un équilibre et une complexité dignes des plus grandes bières noires vieillies en fût que j’ai pu goûter à ce jour.
En attendant la suite des prochaines bombes houblonnées à Mikkel, on se console comme on peut avec quelques Russian River (Pliny the Elder/Blind Pig) fraichement brassées et tout juste ramenées des US par notre pote Romain ! Merci fieu, ça tue !!! :)
-Pierrot