
C’est au Roulier, lieu-dit appartenant à la commune du Val
d’Ajol (88), que Nadine a décidé de monter sa
micro-brasserie. Ok, ce n’est pas
forcément la meilleure mais une chose est sûre, elle fait partie de ceux qui
osent le plus ! Elle ose autant dans le concept, pas de bières génériques
(one shot only), que dans les recettes aux profils affirmés.

Basée en pleine nature au beau milieu des Vosges, le lieu
est vraiment très plaisant. Il faut dire que Nadine a bien agencé son petit
coin… Charmante terrasse, les pieds dans l’herbe, on y propose une série de
jeux sur le thème de la bière. Jouxtant la terrasse, un bâtiment sur deux
étages dont le rez-de-chaussée devrait accueillir la brasserie dans un futur
proche. Le 1
er, quant à lui, nous dévoile une petite pièce aménagée
façon
Blind Pig : petit comptoir, étagères, table, bancs, ancestral babyfoot,
tireuse portative et frigo. Le parquet rustique aux lattes disjointes vient
ajouter au cachet de la pièce, renforçant cette irrépressible envie de
s’envoyer des pintes à gogo, chanter gras en se frottant la panse et danser sur
la table.


Après un petit topo sur le brassage et son installation
(pico de 70l), direction la terrasse pour l’épreuve hydraulique ! Enfants
et conducteurs eurent droit à la l’excellente limonade maison au sureau, et les
gros à quelques choppes de mousse. Pensant repartir en début/milieu
d’après-midi pour la sieste des gosses, il n’en fut rien. D’une part parce que
nous n’avons pas su refuser la dizaine de boutanches défilant devant nos
groins, d’autre part en raison d’un irréductible porcelet ayant troqué ses quelques
heures de sieste contre un plongeon dans la fontaine sacrée, celle qui alimente
la brasserie !!! En fin d’après-midi, il nous fallut tout de même prendre
congés du Roulier, effort quasi surhumain à l’instar du départ de l’île des
plaisirs des 12 travaux !

Niveau bière, je le savais déjà mais j’affectionne
particulièrement la production de Nadine qui va vers des produits au caractère
affirmé, où on ne lésine pas sur la came (tant au niveau malt, houblon que
levure) et pour lesquels il vous reste un souvenir après les avoir descendus. Le
seul reproche à apporter serait une rondeur parfois un peu trop marquée à mon
goût et une saturation en CO² un poil trop élevée sur certains styles comme
les stouts. Pas grand-chose en-soi mais il faut bien que je trouve une bricole à redire sans quoi je vais finir par me faire taxer de fayot… Si je ne
devais en retenir qu’une, ce serait la Joyeuse APA à 4.5% dispensée au fût,
parfaitement dans le style et vraiment délicieuse avec ses arômes de tarte à
l’abricot et son agréable rondeur maltée. L’ensemble est soutenu par une
amertume parfaitement dosée et intégrée à merveille ! De quoi faire pâlir
plus d’un ricain qui se respecte…
Le dicton du jour : Au Roulier, viendez-y nombreux, on
en repart heureux !
Longue vie à toi, Nadine, et à la brasserie du
Roulier ! Et encore merci pour l’accueil !
-Pierrot