jeudi 4 mars 2010

Les bières du nouveau monde et d’un nouveau monde.

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J’ai récemment eu la chance de déguster des bières fabuleuses, tellement incroyables qu’elles ont ouvert pour moi de nouvelles perspectives. Amateur depuis 3 ans, j’ai dû goûter environ 400 bières différentes et, bien que je sois fasciné par le monde de la bière, je n’ai jamais pu m’empêcher de faire l’analogie avec celui du whisky qui, à mes yeux, se situait nettement au dessus en termes de "sensations fortes". Cependant, mes récentes découvertes m’ont fait admettre que le monde brassicole a plus d’une recette dans son sac et que je l’avais jugé trop vite…
La révélation la plus frappante a été celle des "West Coast IPA" comme ils les appellent aux USA. Ces bières sont, grâce à un fabuleux travail sur le houblonnage, de véritables bombes fruitées, d’une fraîcheur qui dépasse l’entendement. Ces IPA sont les Benriach 76 de la bière !
Après de tels monstres, difficile de garder les pieds sur Terre, le référentiel en prend un sacré coup …

IPA américaines

Port Brewing – Wipeout IPA (7%)

La Port Brewing Company a été établie en 1992 à San Diego.


Au nez : on arrive dans la 4ème dimension, elle enterre les bières dégustées juste avant (que je ne citerai pas, par respect ;o) ). Sa fraîcheur nous éclate en pleine poire. Lorsque vous vous penchez sur ces IPA, vous avez véritablement l’impression de plonger le nez dans un sachet de houblon frais. L’ensemble est super fleuri et ultra-fruité. En bouche : idem, ça explose. Ici, c’est le litchi qui ressort intensément, presque un peu trop et écrase le reste d’ailleurs, enfin, il faut bien lui trouver un défaut… En fin de bouche s’installe, bien évidemment, une belle amertume qui dure. C’est bon !

Ale Smith - IPA (7.25%)

La Ale Smith Brewing Company a été créée en 1995, également à San Diego.

Attention les gars, comme disait le père d’un ami : "Garez vos meules". Cette bière a tranquillement assassiné la Wipeout, la battant sur tous les fronts : fraicheur, fruité, complexité, longueur. Au nez : on démarre étrangement sur du plastique chaud, mais c’est loin d’être désagréable. Ensuite la cavalerie lourde débarque avec d’intenses et très précises notes de pamplemousse rose, une pointe d’ananas et toujours ce fameux litchi qui est apparemment souvent présent dans ce type de bière (pour ce que j’en connais). En bouche : légère fumée en attaque puis apparition d’un bel équilibre entre des notes de sous-bois (résineux) et un incroyable fruité, autant sur les agrumes que sur les fruits exotiques. Super présence en bouche, c’est soyeux. Très bonne longueur et toujours cette agréable amertume qui monte en puissance. A racheter par caisse de 24 !

Le simple fait d’en reparler me donne bigrement soif ! Vous n’avez maintenant plus qu’à essuyer la bave de vos claviers et foncer vous procurer ces petites merveilles. Ah oui, j’oubliais, bon courage !

Prochaine étape : je déménage à San Diego !!!

-Pierrot

lundi 1 mars 2010

Mars Attaque! A vos agendas...

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Cette fin de semaine s'annonce assez intéressante "bièrement parlant", puisque pas moins de quatre (voire cinq) événements tournant autour de la bière vont prendre place en Belgique :

C'est le Pré-ZBF Festival, à Ruddervoorde (commune d'Oostkamp, au sud de Bruges) qui démarre les hostilités dès jeudi (du 4 au 5 mars). Ce festival est organisé par la brasserie Alvinne, et réunit une poignée de petites brasseries d'Europe réputées pour leur originalité et leur créativité. Ainsi on retrouvera notamment les Ecossais de Brewdog, les Néerlandais de De Molen ou encore les fameux Belges de De Struise Brouwers. Toutes les infos sur ce festival par ici.

Vendredi soir (le 5 mars), les amateurs de gueuzes, krieks et autres lambics pourront s'en donner à coeur joie lors de la Nacht van de Grote Dorst (Nuit de la Grande Soif) qui se tient à partir de 19h dans le café spécialisé en lambic In Het Verzekering Tegen de Grote Dorst, à Eizeringen.

Toujours pour les amateurs de lambic, Cantillon ouvre ses portes le samedi 6 mars de 6h30 à 17h pour son Brassin Public qui a lieu deux fois par an. Parallèlement à cet événement, le Moeder Lambic Fontainas célèbrera également Cantillon tout au long du week-end en proposant - en plus des gueuze, kriek, faro et lambic déjà disponibles en temps normal - une belle séléction des bières de la brasserie anderlechtoise au fût : Lou Pepe Kriek, Kriek Cuvée Moeder, Rosé de Gambrinus, Vigneronne, St. Lamvinus,  Iris, Cuvée des Champions, Zwanze 2008 et Zwanze 2009 (merci à Joe Stange pour cette liste).

Pour conclure cette liste, ce week-end se déroulera la septième édition du Zythos Bier Festival, à Saint-Nicolas (entre Anvers et Gand). Ce festival rassemble une soixantaine de brasseries et sociétés brassicoles (c'est-à-dire dont les bières sont brassées par une autre brasserie) qui proposent au total plus de 280 bières à la dégustation (verres de 15cl). La liste des bières est déjà connue et consultable ici, histoire de déjà se faire une sorte de liste prioritaire avant d'y débarquer. Pour ma part j'ai déjà noté quelques bières qui me paraissent incontournables, comme la EXPRMTL BREW AD 2010 des Dolle Brouwers (dont on ne sait pas encore grand-chose, si ce n'est qu'il s'agit d'une blonde titrant 8,5%, en photo ici) ou la Saison de Dottignies de la brasserie De Ranke!

Quoi que vous choisissiez, il y a moyen de passer un bon moment!

Bon amusement et santé!

-Antoine

mardi 16 février 2010

Rulles Estivale dans le gosier? C'est l'été en février!

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Le tour des bières : la Rulles Estivale

Pour se remettre des deux bêtes de compétition présentées vendredi par Pierrot, j'ai envie de vous parler d'une bière beaucoup plus légère, la Rulles Estivale, véritable coup de coeur pour moi lors de notre dernier passage au Moeder Lambic Fontainas avec Fred. 'Estivale', un peu bizarre comme choix alors que la neige ne semble pas vouloir s'arrêter de tomber sur notre petit et plat pays, me direz vous! Et pourtant, elle figure bien sur la séléction de février du Moeder (aux côtés d'autres perles comme la Rulles Triple, la Hop Flower Power de De Ranke ou les Tournay blonde et noire - à noter que la Zinnebir X-Mas est toujours disponible elle aussi), donc pourquoi se priver?

Juste pour remettre dans le contexte, pour ceux qui ne la connaitraient pas encore, la brasserie artisanale de Rulles se trouve en Gaume, dans le petit village de Rulles (tiens donc?). Le brasseur, Grégory Verhelst, y a créé une belle gamme de trois bières permanentes (Blonde, Brune & Triple) et deux saisonnières (Estivale & Cuvée Meilleurs Voeux). Celle-ci devrait s'agrandir en juin puisqu'une toute nouvelle bière verra le jour à l'occasion des dix ans de la brasserie.

Rulles Estivale - Brasserie Artisanale de Rulles (5,2%)

La bière fraîchement tirée, une explosion de fragrances fraîches, fruitées et aromatiques jaillit du petit verre et laisse présager un bien agréable moment... On retrouve essentiellement un parfum fruité d'agrumes et des notes fleuries. C'est ultra-frais, printanier et on ne peut plus apétissant! Fort heureusement, le goût ne déçoit pas et suit le nez admirablement : on retrouve les agrumes, une fraîcheur désaltérante et une délicieuse amertume, franche mais pas écrasante. On a ici un bel exemple de houblonnage équilibré, entre amertume et aromatique. En la buvant, elle m'a fait repenser à l'excellente Avalanche de la brasserie écossaise Fyne Ales, dont j'avais parlé ici à l'époque.

La Rulles Estivale titrant 5,2% Alc/Vol, on peut même se faire plaisir et en reprendre... A boire quand il fait chaud sur une terrasse ou assis dans l'herbe au bord d'une rivière avec des amis. Vivement l'été.

Santé!

-Antoine

vendredi 12 février 2010

Deux monstres que tout oppose !

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Hier, en bonne compagnie, j’ai goûté quelques bières fraîchement ramenées du magasin de la brasserie De Molen en Hollande. Je dois avouer que nous sommes tombés sur deux tueries dont l’une a ouvert le bal de façon magistrale et l’autre l’a clôturé de manière grandiose.

Amarillo – De Molen (9,2%)

Trois sortes de houblon entrent dans la composition de cette bière, le Challenger, le Saaz et l’Amarillo. La particularité de cette bière est que l’Amarillo est intégré en houblonnage à cru, c'est-à-dire que ce houblon n’est pas bouilli dans le moût mais ajouté à froid à la fin du processus de fabrication de la bière, permettant ainsi d’exalter le côté aromatique du houblon, au détriment de son côté amérisant.


La robe est joliment cuivrée. Au nez : la sensation de se retrouver au dessus d’un bol de fruits fraîchement écrasés, groseille, framboise, un trait de citron … c’est à la fois floral et végétal (menthe fraîche). Ce nez est d’une incroyable fraîcheur, une explosion de fruits et de houblon frais. On y retrouve également, allié à des zestes d’agrumes, une touche d’exotisme (melon, litchi ?). Le nez est immense, on y resterait des heures … En bouche : ça démarre de façon beaucoup plus discrète avec du houblon fleuri et des fruits (agrumes et melon). Une faible amertume arrive en fin de bouche, reste sur la langue et dure longtemps. Le fond avec les levures, légèrement plus sucré en attaque, permet à la bière de mieux s’exprimer. En rétro-olfaction et dans le fond de la bouteille, beaucoup de fruits, mangue, pamplemousse rose et citron vert. L’alcool est imperceptible.
Cette bière est une merveille, surtout au nez.


Black Damnation II (Moccha Bomb) – De Molen/De Struise Brouwers (13%)

Cette bière est un Imperial Stout, apparemment déclinée en différentes versions. Celle que nous avons goûté serait la deuxième version qui est un assemblage de 50% de Black Albert, brassée par De Struise (BE), conservée avec des grains de café colombien, de 25% de Hell & Damnation, brassée par De Molen (NL), vieillie 6 mois en fût de Jack Daniel’s et de 25% de Cuvée Delphine qui ne serait autre qu’une déclinaison de la Black Albert vieillie en fût de bourbon "Four Roses".


La robe est noire, d’une opacité telle que même les projecteurs du stade de France ne pourraient passer à travers. La mousse, beige foncée, a la densité de celle de la Guinness bien qu’elle retombe plus vite. Au nez : évolution fulgurante en quelques minutes. D’abord sur la pierre/poussière de granite, on passe par un côté viandé/animal (chien mouillé, peau de sanglier), puis tabac froid, cendre, café moulu, jusqu’à obtenir un café ultra-torréfié tout juste sorti de la moka. Cela ne paraît pas très attirant mais je vous assure que c’est énorme, incroyable, invraisemblable ! Est-ce réellement une bière ? En bouche : café torréfié à outrance, marc de café, cendre, ainsi qu’une touche veloutée (une larme de lait ?). C’est MONSTRUEUX ! Avec le temps, les cendres retombent, les épices apparaissent, la bière est intense et sèche. Retour du côté cendré, apparition discrète de réglisse, d’arômes terreux (racines ?), de chocolat amer et de caramel brûlé rappelant les bonbons "Mi-cho-ko". En rétro-olfaction, café légèrement tourbé. L’alcool est imperceptible.
Cette bière est pour moi un OVNI dans le monde brassicole.

Ces deux bières s’inscrivent directement dans mes plus grands souvenirs de dégustation. Il m’en faut d’autres à tout prix !

-Pierrot

PS : Merci à mon pote Romain de m’avoir ramené ces superbes bières et merci à mon chouchou pour son nez à la "Gusto".

mercredi 3 février 2010

Un Japonais complètement débridé !

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Salut les gars, me revoilà, le cochon fou du malt ! Aujourd’hui, c’est de whisky japonais dont je vais vous parler.

Bien que les Japonais distillent du whisky depuis la fin du 19ème siècle, ce n’est qu’en 1923 que Masataka Taketsuru participera à la création de Yamazaki, la première distillerie du pays. Parti faire ses études de chimie en Ecosse en 1919, ce jeune étudiant s’intéresse à l’art de la distillation et rentre chez lui deux ans plus tard avec de nombreuses connaissances ainsi qu’une Ecossaise. Il monte en 1934 sa propre société, Dainipponkaju, qui prendra plus tard le nom de Nikka.


Ces dernières années, les Japonais ont prouvé leur talent en embouteillant des whiskies capables de rivaliser avec les plus grands Ecossais. Dernière preuve en date, un Karuizawa 1967 du feu de dieu ! Si vous êtes sages, je vous en parlerai un jour… C’est justement de Karuizawa dont je souhaite vous faire l’apologie, avec le Karuizawa 1982, titrant 56.1% et embouteillé en 2009 pour fêter les 10 ans de "The Whisky Exchange". Ce whisky a mûri dans un fût de sherry (xérès) contenant environ 500 à 600 litres. Ce fût est très certainement de premier remplissage (first fill), c'est-à-dire qu’il n’avait rien contenu d’autre que du sherry avant d’être rempli avec ce whisky. A l’ouverture de la bouteille, c’était très agressif, peu complexe, avec des notes caoutchouteuses pas très agréables. Il a fallu, comme pour beaucoup de whiskies vieillis en fûts de sherry de premier remplissage, plusieurs semaines d’aération afin que ce whisky dévoile tout son potentiel.

Karuizawa 1982/2009 - for TWE 10th Anniversary (56.1%)

Mes sensations du jour :

Au nez, caramel, vernis, bois précieux, tabac, sherry, fruits secs, le tout mêlé dans une classe incroyable. La bouche est puissante mais nullement agressive, elle attaque sur un vernis qui ne me déplait pas du tout, passe par une touche fruitée pour atterrir sur un truc que je n'ai encore jamais ressenti. L'image que la sensation me procure est très nette, de l'écorce de cacahuètes qui aurait été fumée. La finale est longue et très agréable, sur l’arachide fumée.
Ce whisky est riche, complexe, précis et d’une classe hors norme !

J’espère que nos amis japonais vont continuer longtemps à nous fournir des fûts de ce calibre. Allez, je retourne à mes bouteilles, à la prochaine.

-Pierrot

PS : J’avais ouvert le bal avec un Talisker 25yo de 2004. Sachant que l’ordre de dégustation influe beaucoup sur les sensations, certaines composantes du Karuizawa ont peut-être été mises en avant grâce à ce Talisker. Par ailleurs, la température du whisky et de la pièce était de 17°C, la perception aurait pu être bien différente à 25°C par exemple.

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