vendredi 19 août 2011

Allez, cette fois on cause de vin, avec "Les Vins d'Olivier B"

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Une fois n'est pas coutume, je vais pour une fois non parler d'un breuvage malté, mais bien de jus de raisins fermentés! En effet, un petit séjour beaucoup trop court en Provence nous a permis de rencontrer - tout à fait par hasard - un type assez fantastique, vigneron atypique qui fait de terribles vins à boire entre copains : Olivier B.

Une courte balade à pied depuis notre gîte nous a en effet amenés au centre du petit village de Villes-sur-Auzon (dans le Vaucluse), ou nous nous sommes arrêtés pour une pause sandwich. Une enseigne au-dessus d'une vitrine protégée par une grille en métal attire notre regard : "Les vins d'Olivier B". Arrivés la veille en fin de journée, nous n'avions pas encore eu l'occasion de nous ravitailler en breuvages locaux, et la perspective d'une dégustation chez un vigneron du coin nous paraissait la meilleure manière de découvrir ceux-ci. Un petit mot sur la porte incitait les éventuels intéressés à appeler ledit Olivier sur son téléphone portable si l'échoppe était fermée, qu'il serait sur place dans les cinq minutes. Puisqu'il le proposait si gentîment, c'est ce que nous avons fait! Une grosse poignée de minutes plus tard, une camionnette vert délavé fait son apparition dans la rue, avec à son volant notre homme, chapeau en paille sur la tête, bagouzes aux doigts, boucle à l'oreille et barbe de trois jours. "J'aurais été la en cinq minutes si j'avais été dans les vignes, mais la je faisais le ménage chez moi, c'est pour ça que j'ai mis sept minutes". Pas de souci, on ne lui en veut pas pour les deux minutes de retard! Olivier nous ouvre les grilles de sa caverne (taverne?), nous franchissons alors la porte sans savoir que nous n'en ressortirons que beaucoup plus tard...


Au début, c'est assez calme. Hormis la musique d'Yves Jamait, qu'Olivier a balancé à peine rentré, l'ambiance est assez feutrée. On parle un peu mais ça reste discret. Il nous demande même si on a fait la fête la veille (ce qui est en fait plus ou moins le cas). Mais au fur et à mesure de la "dégustation" (faut voir la taille des verres qu'il sert!), les langues se délient, les inhibitions s'évanouissent et l'ambiance monte tout doucement. Ou plutôt très vite. Du coup, on rigole, on discute, les bouteilles se débouchent et se vident les unes après les autres et on passe un formidable dimanche après-midi à boire d'excellents vins.

Une fois la vraie dernière terminée, on repart avec quelques bouteilles continuer la fête au gîte tandis qu'Olivier rentre chez lui s'occuper de ses enfants et ne pas terminer son ménage.

Les vins que nous avons pu découvrir chez Olivier B sont les suivants :

Jade 2010 (blanc)
Les Amidyves 2008
Les Amidyves 2007
La Deuxième 2009

Si on me demande mon avis, tous sont à recommander! Mention spéciale pour la cuvée 2007 des Amidyves (60% Grenache et 40% Syrah) et pour la fantastique 'Deuxième' (100% Syrah). Je ne suis pas spécialiste en vins, j'ai du mal à en parler et à les décrire. Mais je sais ce j'aime et je sais ce que je n'aime pas, et les vins d'Olivier B, j'aime. Je termine ce post en citant le texte de sa "fiche technique" :

6 ha travaillés exclusivement selon des principes naturels sur Blauvac et Villes sur Auzon (84) morcelés en 12 parcelles. Climat méditerranéen sec et chaud avec mistral, altitude (200 à 400 m) et géologie très hétérogène (sable, argilo calcaire…). Vignoble travaillé sans produits chimiques de synthèse. Maximum de travaux manuels et raisonnés pour un objectif de rendement de 35-40hl/ha (ébourgeonnage, palissage, effeuillage). Vendange manuelle avec tri en caisses de 18-20kg.

Pour l’ensemble des raisins, pas de correction en cave (pas de levurage, pas d’acidification, pas d’enzymage…bref pas de gros mots) juste un peu de soufre, peu ou pas de filtration.

L’idée principale, c’est que le vin c’est d’abord du raisin. 90% du travail se fait dans la vigne. Mon rôle en cave est simplement de respecter et d’accompagner le fruit qu’ont bien voulu nous donner le ciel et la terre afin de pouvoir déguster des vins authentiques.

J’espère que vous prendrez plaisir avec ces cuvées que je vous propose.

Amidyvement votre, Olivier B

Les Vins d'Olivier B
Le Rolland
84570 Villes-sur-Auzon
06 25 39 08 60
http://vigneronajt.centerblog.net

Santé, A Jamais pour Toujours!

-Antoine

PS : Notre homme n'aime pas particulièrement voir apparaître son visage sur internet (pourtant, en cherchant un peu, on le trouve déguisé en sapin de Noël et c'est lui-même qui a balancé ça sur le net ;-)), j'ai donc légèrement modifié la photo afin de respecter sa volonté! :)

mercredi 20 juillet 2011

Beer in London - Part III : Euston Tap

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Ce soir, je pars de nouveau à Londres pour un long week-end! Je suis en train de repérer quels pubs visiter cette fois, mais je pense que la liste que j'établis nécéssiterait un séjour de un à deux mois minimum... Cela dit, il y en a un où je me dois absolument d'aller boire, c'est le tout nouveau Craft Beer Co. qui vient d'ouvrir à Clerkenwell, à deux pas de mon hôtel en plus! 37 bières au fût (16 pompes manuelles et 25 pression), plus de 150 bouteilles, un choix local et international (ils ont même trois pompes dédiées à la gueuze et au lambic)... Bref, un nouveau paradis pour l'amateur de bières! Hâte d'aller voir ça.

Un autre lieu de pélerinage inscrit dans mes priorités pour ce voyage est la brasserie The Kernel, installée dans une des arches d'un pont de chemin de fer près de London Bridge. J'avais ramené une dizaine de leurs bières lors de mon voyage en janvier, et la plupart sont de véritables petites merveilles. J'en parlerai donc certainement plus en détail après la visite.

Mais pour l'heure, je vais vous présenter un pub visité en janvier dernier, relativement nouveau lui aussi puisqu'il n'a ouvert ses portes qu'en novembre 2010 : le Euston Tap. Son intérêt réside avant tout dans sa longue et internationale liste de bières, qu'elles soient servies au fût pression (19), à la pompe manuelle - ou cask - (8) ou en bouteilles (+ ou - 100). Mais il y a une autre raison de se rendre au moins une fois dans ce pub : c'est le bâtiment qui l'abrite. Le Euston Tap est en effet logé dans la 'West Lodge', une relique de l'arche dorique du XIXe siècle qui marquait l'entrée de la gare de Euston. Démolie en 1961, il ne reste aujourd'hui que deux petites loges de garde, dont celle aujourd'hui reconvertie en pub.


Ce fait lui donne une certaine originalité, et vaut le détour rien que pour cela. Mais malheureusement cela comporte également quelques inconvénients... En effet, le bâtiment étant classé, les actuels locataires sont limités dans leurs ambitions : premièrement, il n'y a pas de fenêtres à l'étage, ce qui pèse sur l'ambiance du lieu, on aime ou on n'aime pas (pour ma part je préfère le rez-de-chaussée du coup); deuxièmement, il n'y a qu'une seule et unique toilette pour tout le bâtiment, à l'étage, commune pour les femmes et les hommes. Aux heures d'affluence vous imaginez que ça peut poser un petit souci, même si l'endroit n'est pas gigantesque!

Hormis ces désagréments, le choix et la qualité des breuvages proposées en fait un lieu incontournable des amateurs de bière de passage dans la capitale britannique. Pour ma part, j'avais profité de l'occasion pour tester deux bières de la brasserie Thornbridge : la Raven Black IPA et la St Petersburg Russian Imperial Stout. La première était vraiment excellente, combinant les qualités houblonnées d'une bonne India Pale Ale aux arômes de café torréfiés d'une Stout. Un mariage parfaitement réussi, d'une 'buvabilité' incroyable! A conseiller vivement, comme tout ce qui sort de chez Thornbridge.

Bon allez, je vous laisse, faut encore que je trouve trois ou quatre adresses de pubs avant de partir prendre l'Eurostar! ;-)

Cheers!

-Antoine

jeudi 7 juillet 2011

La Gueuze Tilquin, c'est bien!

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On va rester dans la continuité de l'article précédent puisque c'est aussi au Heeren van Liedekercke que j'ai pu goûter pour la première fois la toute nouvelle gueuze Tilquin!

En feuilletant la carte pour y choisir l'apéritif, je me suis naturellement dirigé vers la partie 'fermentations spontanées', les gueuzes étant probablement ce qui se fait de mieux niveau ouverture d'appétit. Tout de suite, mes yeux ont été attirés par un nom moins familier, même si on en avait pas mal entendu parler ces derniers temps : Gueuze Tilquin à l'Ancienne. N'ayant pas eu l'occasion de me rendre aux portes ouvertes de cette toute nouvelle gueuzerie (la première en Wallonie, même si elle n'est installée qu'à quelques kilomètres de chez Boon), j'avais trouvé la une excellente occasion de la goûter!

Verdict : et bien c'est une excellent gueuze, qui n'a rien à envier à beaucoup de ses cousines du pajottenland! Pour ses assemblages, Pierre Tilquin a employé du lambic provenant de chez Boon, Lindemans, Girardin et Cantillon. Il est à noter que c'est la première fois qu'un assembleur de gueuze emploie du lambic Cantillon dans l'élaboration de ses produits! Et d'ailleurs on peut le ressentir à la dégustation, puisqu'on retrouve une acidité assez marquée dans cette gueuze, bien que moins extrême que dans la gueuze Cantillon tout de même. A côté de cette acidité, il y a aussi une certaine amertume, sans doute due au boisé... L'amertume est moins prononcée que dans la Oude Gueuze Oud Beersel, mais tout de même bien présente. J'aime beaucoup les gueuzes présentant ce profil à la fois acide et amer.

J'ai eu l'occasion de la regoûter quelques jours plus tard, à la pression cette fois, au Moeder Lambic Fontainas. L'adjonction de gaz carbonique change toujours un peu la texture en bouche et forcément un peu le goût aussi. C'est plus frais, évidemment, plus léger en bouche mais pas flotteux pour autant. Pour le reste les impressions restent les mêmes, si ce n'est qu'elle m'a paru un poil plus acide, mais je ne pourrais dire si c'est dû au conditionnement ou bien aux conditions de dégustation... Enfin de toute façon je vous recommande de tester ça par vous même! Pour ma part je suis impatient d'aller rendre visite à Pierre dans sa gueuzerie de Bierghes, n'ayant malheureusement pas pu me rendre aux 1eres portes ouvertes en mai dernier.

Santé!

-Antoine

jeudi 16 juin 2011

De Heeren van Liedekercke

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Dimanche dernier, nous avons enfin pu tester l'excellent restaurant de Denderleeuw, De Heeren Van Liedekercke. Enfin, car cela faisait en effet un moment que j'avais envie de faire le (court) déplacement jusque la pour découvrir leur cuisine et leur fort belle carte de bières...

De Heeren van Liedekercke propose un choix de plats à la carte, mais également un menu qui change tous les mois. Celui-ci se compose de six services, mais avec possibilité de le réduire à quatre. Ce dimanche, personne n'était vraiment enclin à choisir le menu complet, j'ai donc du me plier à contre-coeur au choix de la majorité et prendre la version raccourcie. Cependant, au fur et à mesure du repas, je me suis finalement félicité d'avoir opté pour ce choix également, tant les plats proposés étaient plus copieux les uns que les autres (maatjes hollandais - anguille et asperges blanches avec une sauce au saumon fumé et à la rauchbier - tournedos de boeuf au fromage de chimay et avec une sauce à la chimay bleue et au whisky irlandais - avalanche de desserts aux fruits rouges)! Terminer entièrement les quatre services relevait d'ailleurs quasiment de l'exploit, je n'ose imaginer mon état après six!

Chose importante aussi à propos du menu : une formule "all-in" permet d'accompagner chaque plat du menu de boissons en accord. Il suffit de choisir au préalable si l'on préfère de la bière ou du vin. Le menu du mois de juin était intitulé "Whiskymenu", et il était donc exceptionnellement aussi possible d'accompagner chaque plat de whisky! Après avoir longuement hésité entre les deux, j'ai finalement choisi la bière. Gueuze Hanssens en accompagnement des maatjes; Schlenkerla Rauchbier et Pilaarbijter blonde avec l'anguille; Bon Secours brune et Maredsous 10 avec le tournedos. Rien à redire sur la gueuze et la rauchbier, par contre j'aurais apprécié quelque chose de plus original pour le tournedos, mais bon c'est aussi parce que je ne suis pas un grand fan de la Bon Secours brune (quant à la Pilaarbijter, même pas pu la boire, vraiment pas mon truc).


 Je tiens à m'excuser de la piètre qualité des photos, mais j'avais oublié de prendre mon appareil photo et j'ai du me contenter de ce que mon téléphone portable était capable de prendre. De plus, si aucun plat n'est immortalisé (sauf le dessert), c'est que tout était tellement apétissant qu'il était déjà bien trop tard quand je pensais à faire une photo... Les assiettes étaient alors largement défigurées. J'ai quand même pu ramener un cliché du dessert, probablement parce qu'à ce stade du repas j'étais déjà extrêmement gavé!

En bref une adresse à recommander chaleureusement! J'y retournerai en tout cas avec plaisir dès que possible.

De Heeren van Liedekercke
Kasteelstraat 33
9470 Denderleeuw
Tel.: 053/680.888
www.heerenvanliedekercke.be/

Santé!

-Antoine

lundi 30 mai 2011

Soirée Goret : verticale Mikkeller

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La semaine dernière, une subite envie de houblon nous a poussé à descendre 18 des nouvelles single hop de chez Mikkeller. La version Willamette était malheureusement absente, en cause une petite erreur dans la commande, mais j’avais pu la goûter fin avril au fût au Moeder Lambic de Bruxelles. Pour rappel, ces 19 bières ont été brassées avec la même base maltée, les mêmes levures et exactement la même quantité (masse) de houblon.


Le premier constat est que la démarche est fort instructive ! Il est vraiment bluffant de constater qu’en dehors de puissances aromatiques variables, puissances qui ne suivent d’ailleurs pas nécessairement le niveau d’IBU, on retrouve des différences qui évoqueraient plutôt un changement de levure (esters fruités rappelant certaines levures belges ou allemandes) et même un changement de maltage (notes caramélisées plus prononcées, textures et corps différents). Tout ceci alors qu’il n’en est rien, cela viendrait juste du houblon utilisé… là je dis : INCROYABLE !!!
Le deuxième constat, qui dérange un peu, est que qualitativement parlant, notre cher ami Mikkel semble, à mon sens, s’être relativement planté. :( Non pas que ces nouvelles bières ne soient pas bonnes mais très honnêtement, c’est un fait indéniable, sa première série comprenait de véritables tueries telles que les versions Nelson Sauvin, Simcoe et Columbus que je connais bien, alors que celle-ci nous apporte des IPA beaucoup plus discrètes sans être nécessairement plus subtiles. En bouche, cela manque souvent de précision et d’expressivité. Toutefois, quelques unes d’entre-elles sortent du lot comme :

Centennial : très résineuse (sève de pin/écorce d’arbre), un rien mentholée. La plus longue en bouche et d’une remarquable expressivité. Celle qui m’a paru la plus amère malgré ses 66 IBU.

Sorachi Ace : la plus originale, assez semblable à la version de Brewdog avec des agrumes (mandarine), un côté lacté (lait de coco) et floral (bois de santal/eau de rose). 103 IBU.

Citra : très subtile, presque un peu trop discrète avec un magnifique fruité exotique, bel équilibre et bonne amertume. 88 IBU.


Pour vérifier que nous n’avions pas le palais trop fatigué et être sûr de ne pas être passé à côté, on a décidé d’ouvrir une petit bière connue et qui va bien : Mikkeller – Texas Ranger Barrel Aged (porter aux piments Chipotle vieilli en fût de bourbon). Résultat : perception OK et pied d’enfer avec cette beauté !

Le nez, d’une extrême douceur, démarre sur un somptueux mélange entre des notes de vanille, du chocolat et des fruits confits. La bouche possède une texture remarquable, très chocolatée, sur les fruits confits et le bois fumé. En milieu de bouche arrivent des notes piquantes de poivrons rouges fumés. La bière persiste, délivrant en finale des notes torréfiées (café/chocolat) alliées au piquant des piments. Vraiment du grand art ! Une puissance inouïe pour ses 6,6%, un équilibre et une complexité dignes des plus grandes bières noires vieillies en fût que j’ai pu goûter à ce jour.




En attendant la suite des prochaines bombes houblonnées à Mikkel, on se console comme on peut avec quelques Russian River (Pliny the Elder/Blind Pig) fraichement brassées et tout juste ramenées des US par notre pote Romain ! Merci fieu, ça tue !!! :)


-Pierrot






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